Nous étions un essaim, collé les unES contres les autres à l’intérieur du refuge.
Le craquement du bois et les gouttes de pluie camouflaient les bruits que nous pouvions faire. Mais parfois, nos respirations s’arrêtaient lorsque des pas s’approchaient. Ils n’étaient jamais loin, sentant notre présence proches.
Lorsque les bruits s’éloignaient, nous pouvions reprendre la parole et timidement, certainES avaient la force d’évoquer ce qu’il s’était passé.
Je n’ai jamais su trop quoi dire, ni quoi répondre d’ailleurs. J’ai préféré faire place au silence et laisser la parole aux autres.
Il y avait dans le regard de celleux qui écoutent la tristesse des voix qui se tordent et dans chaque goutte la violence des souvenirs ; ressentir l’humidité sur la peau et le fracas des gouttes sur les feuilles, mais surtout, la peur que l’eau les submerge à nouveau peu à peu.